Vous venez d'accéder au site de l'Atlas du Québec et de ses régions, site où
nous vous présentons les premières cartes (projet pilote) de ce projet supporté par une
équipe multidisciplinaire regroupant des chercheurs(es) de toutes les universités
québécoises.
La présentation de ces cartes a comme objectif de susciter vos remarques, critiques et
suggestions qui serviront à l'amélioration du projet. Un bouton "Commentaires"
spécialement dédié à cette fin est présent sur la plupart des pages de l'Atlas.
À partir de l'exploitation d'une base de données géo-référencées, l'équipe
propose la réalisation du projet en trois volets : un atlas national composé de cartes
réalisées par des spécialistes pour l'ensemble du territoire québécois, un atlas
interrégional permettant les comparaisons régionales à l'aide d'un cadre de
référence commun et des atlas régionaux à partir du traitement de l'information
réalisé par les régions.
L'Atlas traite de nombreux sujets regroupés par grands thèmes et aborde les
réalités régionales par une représentation cartographique des informations décrivant
chacune des régions du Québec et permettant des analyses comparatives. L'Atlas a
un but : dégager les tendances lourdes qui président à l'évolution du territoire
québécois et les mettre à la disposition de tous les acteurs impliqués dans la
planification du développement.
Ce site de l'Atlas du Québec et de ses régions est dédié à la mémoire de
Guy Lemay, professeur au département de géographie-UQAM, qui assuma la coordination du
projet jusqu'à son décès le 4 février 1996.
Cette chronique sur l'Atlas et ses activités vous présentera sur une base régulière
des éditoriaux et des articles touchant à l'Atlas, aux sujets qu'il aborde, ainsi qu'aux
activités des collaborateurs qui y travaillent.
Ouverture d'un Atlas régional pour la région de la Captiale-Nationale (03) et de Chaudière-Appalaches (12)
Lundi le 24 avril 2002
Vous êtes cordialement invités(es) au lancement officiel du site web de l'Atlas de la Capitale Nationale et de Chaudière-Appalaches qui se tiendra mardi le 14 mai 2002 à 17h00 au local 5172 du Pavillon de Koninck de l'Université Laval.
Ce lancement clôturera le Colloque « Développement social et indicateurs territoriaux » présenté dans le cadre du congrés de l'ACFAS qui se déroulera du 13 au 17 mai 2002 à l'Université Laval.
Pour obtenir toute information supplémentaire,
écrivez-nous à AtlasCNCA@courrier.ggr.ulaval.ca
Visitez-le maintenant à http://atlascnca.geographie.ulaval.ca
Yves Brousseau
Responsable de formation pratique
Département de géographie
Université Laval
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Atlas électronique du Saguenay-Lac-Saint-Jean: nouveau site sur Internet
Lundi le 5 novembre 2001 à 9h00
l'Équipe de
l'Atlas électronique du Saguenay-Lac-Saint-Jean procédera au
lancement officiel de son nouveau site sur Internet. Elle a invité
les médias, ses partenaires et les acteurs du développement régional
et de l'aménagement du territoire à assister à une
présentation qui traitera du cadre de production, des produits et des
projets en cours. Le tout sera sous la présidence du député Stéphane
Bédard, représentant du Ministre des régions du Québec. Un vin d'honneur
sera offert par le recteur de l'Université du Québec à Chicoutimi.
Majella-J. Gauthier
Coordonnateur du Projet Atlas
UQAC
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Pourquoi un ATLAS DU QUÉBEC?
... ET POUR QUI ?
par Henri Dorion
Le grand La Fontaine disait, dans une fable :
"apprendre à se
connaître est le premier des soins" ;
et il déplorait, dans une autre :
"il
connaît l'univers et ne se connaît pas!".
Ces observations valent tout autant pour
les individus comme pour les sociétés. À l'heure de la prise en charge de ses
destinées, quel qu'en soit le contexte politique, la société québécoise s'ouvre sur
un monde de plus en plus interdépendant. Il en résulte un intérêt réciproque et des
échanges qui doivent de plus en plus s'appuyer sur une connaissance approfondie de ses
propres forces, de ses potentialités multiples, comme d'ailleurs des éléments de la
problématique d'ensemble qu'elle doit assumer, en un mot sur l'intelligence de sa
géographie.
Les innombrables données qui font que le territoire québécois comme
la population qui y vit sont ce qu'ils sont et évoluent comme ils le font constituent, il
est vrai, un tableau extrêmement complexe. Il est donc essentiel, pour que ces données
soient utiles et utilisables, que celles-ci soient présentées, illustrées, expliquées
de façon claire, synthétique, facilement compréhensible et cela, tant à l'échelle de
l'ensemble du territoire québécois qu'à celle de chacune des régions qui le composent.
Cette approche à la diffusion de la connaissance géographique trouve
son expression dans la cartographie, dans une cartographie moderne, éloquente,
accessible. Les nouvelles technologies informatiques recèlent l'avantage, on le sait, de
puiser à même un large réservoir de connaissances, de faits, de phénomènes en
établissant entre ceux-ci les relations que l'utilisateur établit lui-même. Ces
nouvelles possibilités rencontrent l'essence même de l'analyse géographique qui et
basée sur deux vecteurs de base : la différenciation spatiale et l'interaction des
phénomènes dans un espace donné. C'est précisément ce qu'offre l'Atlas du Québec et
de ses régions.
Ce produit constitue une référence essentielle pour quiconque est
appelé à œuvrer dans la gestion et la mise en valeur du territoire québécois. Il est
un outil indispensable à la disposition des chercheurs, aménagistes, administrateurs,
professeurs qui, dans leurs fonctions et activités, doivent se référer aux données
géographiques de base et à la conjonction spatio-temporelle de ces données.
Qu'il s'agisse du site et de la situation des villes ou des réseaux de
communications qui les relient, de la distribution de la population des composantes
démographiques de telle ou telle région, de la localisation des ressources ou de quelque
autre élément de la géographie humaine du Québec, l'utilisateur pourra rapidement et
facilement accéder à l'information et établir entre les différentes données les
relations qui conviennent à sa recherche.
Une caractéristique essentielle de l'Atlas réside dans son caractère
dynamique puisque au fur et à mesure du développement des thèmes qui en constituent
l'armature, des données supplémentaires s'ajouteront et seront mises à jour, comme les
relations interfactorielles additionnelles que les auteurs et les utilisateurs pourront
développer.
L'Atlas du Québec et de ses régions, une manière nouvelle, moderne,
plurielle, efficace de voir le Québec, son territoire et la société qui l'habite, d'en
connaître l'évolution, d'en percevoir les tendances. Un outil incontournable pour
quiconque, au Québec, veut appuyer sur des bases solides sa conscience territoriale.
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Plaidoyer pour un territoire.
par Guy A. Lemay
Le Québec est un pays de bonne taille! Sommes-nous cependant
victimes de trop de territoire? Territoire en émergence, il nous oblige à la
solidarité. Vastes étendues versus faible occupation, les vides doivent être
comblés autrement que par la concurrence qui repose sur des disparités. Le Québec,
si vaste avec ses 17 régions administratives, ses 96 MRC, ses 3 Communautés urbaines et
quelque 1400 unités locales (en 1999), constitue l'extrême nord-est des Amériques et mérite un ancrage.
Après plus de deux décennies de restructuration territoriale (loi sur
l'aménagement et l'urbanisme, loi sur la protection du territoire agricole etc.), et à
l'heure de l'ALENA où les positionnements territoriaux à travers le monde reposent de
plus en plus sur des localisations disjointes, nous devons faire le point. Quel est
cet espace? Comment fonctionne-t-il? Quel est son avenir?
Le territoire québécois doit être pensé dans le cadre de la
dynamique de son organisation interne et dans ses rapports avec ses partenaires
frontaliers. Les structures font le territoire dans la mesure où elles sont connues
et vécues.
Pourquoi cette nécessité d'avoir une bonne connaissance du territoire
ou une excellente information sur les lieux? On constate de plus en plus que ce
territoire, dans sa globalité, subit des pressions de toutes parts et à différents
niveaux. Au cours des 40 dernières années, le Québec a été entraîné dans de
profonds bouleversements qui ont eu des effets significatifs sur la distribution spatiale
des activités économiques et de ses populations, provoquant une recomposition de ses
structures d'organisation territoriale. Ces mutations sont d'autre part à l'origine
de nouvelles formes de disparités et d'inégalités entre les collectivités
territoriales. Sur un fond de mondialisation, l'ensemble de ces bouleversements
nécessite un regard neuf qui doit transcender les données essentiellement factuelles
pour englober les multiples interrelations socio-économiques et politiques à travers
leur représentation spatiale dans la perspective de la formulation d'un projet de
société inscrit dans le XXIe siècle exprimant l'originalité et les spécificités du
territoire.
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Un Atlas du Québec basé sur la dynamique des contenus :
référence particulière au milieu physique
Jean-Marie M. Dubois
Département de géographie et télédétection, Université de Sherbrooke Sherbrooke,
Québec J1K 2R1 (tél.: 819-821-7181; télécopieur: 819-821-7944; courrier:
jmdubois@courrier.usherb.ca)
1. Les besoins
Lors du premier colloque sur le projet d'Atlas du Québec, au congrès
de l'ACFAS de 1995 à Chicoutimi, j'avais prôné un atlas dynamique en termes de forme et
de contenu ainsi que la mobilisation des divers intervenants régionaux, dont les
départements de géographie, avec un maître d'œuvre compétent, persévérant et
directif (Dubois, 1995). En ce qui a trait au maître d'œuvre, on a maintenant
l'évidence que c'est aussi acquis. En ce qui a trait à la mobilisation, c'est bien
parti mais non encore acquis dans toutes les régions. Il reste mainteant à parler
de la dynamique du contenu, plus spécifiquement ici du contenu sur le milieu
physique. En 1995, j'avais exposé mes vues sur le sujet. Elles ne se sont pas
modifiées depuis, mais elles se sont précisées même si la procédure générale peut
encore paraître floue.
À mon point de vue, il y a quatre notions importantes qu'il faut
arrimer entre elles et véhiculer aux utilisateurs, surtout québécois et ces notions
transcendent généralement le milieu physique lui-même; ce sont, dans l'ordre : 1) la
notion de région, 2) la notion de paysage, 3) la notion de dynamique du milieu et 4) la
notion pratique de bassin versant.
2. La notion de région
Les seules notions de région que l'on véhicule habituellement sont
surtout celles des régions économiques et touristiques. Parfois le découpage de
certaines de ces régions colle assez bien avec celui des régions naturelles, mais
souvent il n'y a que peu de rapport. De plus, quelles sont nos régions naturelles
outre les grandes régions traditionelles des Appalaches, de la plaine et du plateau
laurentidien? Il y en a presque autant que d'intervenants en fonction de leurs
besoins, par exemple parmi tant d'autres le ministère des Ressources naturelles (figure
1), le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (figure 2), le
ministère de l'Environnement et de la Faune (figure 3), les universitaires (figure 4),
etc. On est aussi frappé dans cet échantillon restreint de cartes par la diversité
des appellations des régions et que penser de la multitude de découpages qu'il y a pour
chacun des autres ministères québécois, des autres sociétés para-gouvernementales et
des divers organismes ou régies : on s'y perd vite.

Figure 1 : Les aires écophysiographiques du Québec méridional
Il faudrait donc, dans un premier temps, que les divers intervenants
nationaux dans le domaine puissent s'entendre pour doter le Québec d'une base commune de
délimitation des régions naturelles. Par contre, il faudrait aussi que ces régions
soient confrontées avec la délimitation des régions « culturelles » et qu'il y ait
définitivement un arrimage cohérent. En effet, même si l'on n'en a pas encore fait
la preuve, le bon sens et le vécu nous disent que le découpage régional vécu par les
québécois est beaucoup plus calqué sur le milieu naturel que sur les limites
administratives, tel est le cas, par exemple, de l'Estrie et de la partie est de la
Montérégie, soit les Cantons-de-l'Est.

Figure 2 : Les régions naturelles du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation
Autre problème, aucune région n'inclut actuellement la partie marine
du Québec, sauf la carte du ministère de l'Environnement et de la Faune (figure 3),
laquelle ne représente que le système du Saint-Laurent. La connaissance de cette
partie marine est importante tant en termes d'activités de surface qu'en termes de son
contenu et de son fond.

Figure 3 : Les régions naturelles du MEF |
De plus, je crois
qu'il faut que le territoire présenté dans l'Atlas dépasse parfois les limites
actuelles du territoire national, tout comme Parcs Canada est en train de faire pour ses
parcs. En effet, Parcs Canada s'est rendu compte que, pour obtenir une vision globale
des pressions naturelles ou anthropiques qui s'exercent sur ses parcs, les études doivent
dépasser les limites strictes des parcs : il faut étudier le « grand écosystème »
c'est-à-dire l'aire d'influence des parcs. Par exemple, pour le milieu physique
terrestre du Québec, ceci veut dire qu'il faut aller chercher tous les bassins versants
coupés artificiellement par les frontières ouest (Ontario), sud (Nouvelle-Angleterre) et
est (Nouveau-Brunswick et Labrador) et probablement tout le territoire du Labrador (!).
|
3. La notion de paysage

Figure 4
|
Par paysage, j'entends le paysage vu, perçu et vécu, et non pas
seulement le paysage dit naturel (figure 5). Un paysage n'est donc pas uniquement le
fruit de ces agents dits naturels, mais également le fruit de l'aménagement de
l'Homme. C'est d'ailleurs le paysage qui est perçu bien avant tout autre élément
du territoire par les personnes et c'est donc le premier élément à présenter dans un
atlas afin de susciter l'intérêt et la consultation.
Figure 5 : Notion de paysage naturel
|
En conséquence, il faudrait que les
intervenants régionaux s'entendent pour délimiter un certain nombre de paysages typiques
même si l'on sait que la perception d'un paysage peut être différente d'une personne à
l'autre (figure 6) et même si l'on sait aussi qu'il y a nécessairement une hiérarchie
de paysages, peu importe le nom que l'on donne à cette hiérarchie (figures 7 et 8).
Mais je crois fermement qu'il faudrait introduire l'utilisateur de
l'Atlas à ces paysages par des vues au sol, aériennes verticales ou obliques ainsi que
satellitaires. Figure 6 : Perceptions différentes du paysage selon les individus
Figure 7 : Niveaux hiérarchiques
| Niveaux hiérachiques |
Applications |
Échelle de représentation |
Nombre d'unités dans le Québec méridional |
Cartes disponibles |
Travail à réaliser |
| Zone de végétation |
Fournir une connaissance
très générale des formations végétales |
1 : 7 000 000 |
6 pour tout le Québec |
1
(SIF , 1993) |
|
| Domaine climacique |
Déterminer les territoires où le macro-climat
et la végétation climacique sont homogènes |
1: 2 500 000 |
13 |
1
(Thibault, 1985) |
Révision des limites et descriptions |
| Aire écophysiographique |
Préciser les aires d'application des guides sylvicoles
et gérer
les composantes de la biodiversité |
1: 2 500 000 |
25 à 35 |
1
(Saucier et Robitaille, 1995) |
Une carte avec descriptions |
| Région écologique |
Classifier les écosystèmes forestiers en fonction du climat régional distinctif |
1: 1 250 000 |
73 |
1
(Thibault , 1985) |
Révision des limites et descriptions |
| Unité écophysiographique |
Délimiter des unités de sondage.
Analyser le rendement des écosystèmes |
1: 1 250 000 |
140 à 150 |
1
(Saucier et Robitaille, 1995) |
Une carte avec descriptions |
| District écologique |
Faire une synthèse du milieu physique
(relief, dépôts, etc.) |
1: 250 000 |
2700 |
20 |
12 cartes avec descriptions
(1000 districts) |
| Dépôt de surface |
Présenter la nature
et la distribution des dépôts de surface |
1: 50 000 |
100 à 200 par carte |
440 |
160 cartes |
| Station forestière |
Élaborer les guides sylvicoles |
1: 20 000 |
300 à 600 par carte |
|
3000 cartes |
| Peuplement |
Présenter la végétation actuelle et les facteurs écologiques |
1: 20 000 |
2000 par carte |
3000 cartes forestières
6000 cartes écoforestières |
2400 cartes écoforestières |
|

Figure 8 : Hiérarchie des paysages |
4. La notion de dynamique du milieu
Il est acquis qu'un atlas vise d'abord à faire le point sur la
situation actuelle d'un territoire. Cependant, je crois qu'il faut sensibiliser de
plus en plus les utilisateurs au fait que nous sommes dans un milieu en perpétuel
changement : un milieu dynamique. Il est certain qu'il est plus facile de se
représenter les changements du milieu humain, mais il faut aussi montrer que les
changements du milieu physique sont fondamentaux, même s'ils sont généralement à plus
long terme, et que les changements du milieu humain sont souvent des
conséquences. À cet effet, on peut se rappeler les schémas classiques
d'interaction entre l'humain et le physique (figure 5).
En conséquence, il faudrait d'abord réaliser une série de planches
pour l'ensemble du Québec montrant l'évolution des grandes unités de paysage depuis le
Précambrien, c'est-à-dire en intégrant les données des changements physiques,
biologiques et anthropiques. Il faudrait aussi réaliser une série de planches
régionales présentant la rapidité d'évolution de certains phénomènes plus
typiquement régionaux.
Il faudrait donc que le contenu de l'Atlas reflète la dynamique des
différents phénomènes qui ont interagi pour former les paysages du passé et qui
interagissent pour présenter les paysages actuels. Également montrer des tendances
et être prospectif, c'est-à-dire montrer des scénarios au risque de se tromper.
L'Atlas ne devrait donc pas être basé sur un découpage classique tel :
géologie, géomorphologie et dépôts de surface, sols, données climatiques, hydrologie,
végétation climacique, etc. Il devrait plutôt être basé sur des unités
hiérarchisées de paysage tant naturel qu'humanisé. Il faut donc éviter un atlas
qui ne juxtapose que des cases mais qui présente plutôt des synthèses, lesquelles
viennent expliquer les planches paysagiques.
La question est maintenant : comment délimiter et traiter des unités de
paysage?
On l'a vu, pour certains, ces unités ont pour nom : unités
physiographiques, unités naturelles, unités écologiques, unités géographiques,
unités écogéographiques, unités écophysiographiques, unités culturelles,
etc. En fait, chacune a ses lacunes. Cependant, le nom importe peu ici, car ce
qui est important, c'est de définir des unités qui tiennent compte en même temps tant
de l'ensemble des composantes du milieu naturel et de ses agents de modification que du
résultat des modifications humaines. De plus, outre les planches montrant les
unités actuelles de paysage, d'autres planches devront montrer comment se présentait le
paysage dans le passé récent et plus ancien. Comme je l'ai déjà dit, il faudra
que les différents intervenants s'entendent sur le type d'unité paysagique à véhiculer
à l'utilisateur.
Il est évident que ces planches synthèse devront être appuyées par
des planches classiques thématiques mentionnées plus haut. Cependant, même ces
planches thématiques peuvent être présentées non pas d'une manière statique, mais
plutôt d'une manière dynamique.
Par exemple, le milieu côtier n'est souvent caractérisé que par le
type de côte (à rias, deltaïque, etc.), la nature des côtes (rocheuses ou de dépôts
meubles) et l'énergie de relief (à falaise ou basses). Cependant, la dynamique des
côtes doit aussi être présentée par la nature plus détaillée et les agents naturels
et humains qui affectent ses domaines terrestre, intertidal et sous-marin. De plus,
il faut montrer comment les côtes ont évolué dans le temps et pourquoi. Il faut
aussi mesurer la rapidité des changements. Dans le cas des côtes, ces
renseignements sont devenus nécessaires maintenant pour la prise de décision et pour une
bonne gestion si l'on veut bien les zoner, les aménager avec discernement, bien contrer
l'artificialisation galopante, bien prévenir les catastrophes, etc.
5. La notion de bassin versant
Une dernière notion me semble importante à véhiculer en termes
pratiques, cest celle de bassin versant incluant lhydrographie. En effet,
cette notion est peu inculquée dans la population et même dans les écoles et pourtant
le bassin versant est une unité daménagement incontournable tant au plan physique
(par exemple prévision des inondations ou suivi de la qualité de leau) quau
plan humain (par exemple gesion des réservoirs ou planification des infrastructures
sanitaires et dapprovisionnement en eau). Je suis convaincu que lon reviendra
très prochainement à lidée plus ou moins abandonnée dans les années 70 de
gestion par « sociétés de bassin » pour une bonne partie de laménagement du
territoire. Déjà, il y a un mouvement chez les associations de lacs.
De plus, il faudrait penser aux ressources en eaux souterraines et à la
circulation de ces eaux surtout lorsquil est question de pollution. Il faut donc,
surtout à léchelle régionale, prévoir de distinguer lorsque linformation
est disponible, entre les limites des bassins versants de surface et celle des bassins
versants de sous-surface.
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